Je suis abonnée depuis un bon moment au blog de Marie Perarnau "les mamans testent". Cette maman de quatre enfants a le don d'écriture et depuis plusieurs années me fait mourir de rire tant les situations vécues résonnent. (je vous recommande au passage son livre déculpabilisant au possible !)
     Cependant, cette nuit, Marie m'a arraché quelques larmes. Son billet "Est-ce que..." m'a mise devant LA question.
La question du dernier bébé, celui qui clôt nos aventures, le p'tit der dont on chérit les exploits, après on passe à autre chose. 

Notre dernière est toute spéciale, et il y a tant de premières fois que nous n'aurons pas... il y a tant de premières fois qui auront une saveur si particulière !!!

Accepter que c'est terminé et que notre famille est complète pourtant c'est exactement ce que je voulais !

Les mots de Lynda Lemay résonnent à mon oreille (pardon mon mari :p)

"et voilà que c'est pas vrai
que tu vas faire ton chemin
car t'arrêteras jamais
de n'être qu'un gamin
tu fais tes premiers pas
on se laisse émouvoir
mais les pas que tu feras
ne te mèneront nulle part

t'es mon enfant d'amour
t'es mon enfant spécial
un enfant pour toujours
un cadeau des étoiles
un enfant à jamais
un enfant anormal
c'est ce que j'espèrais
alors pourquoi j'ai mal...


j'aurais pas réussi
a me détacher de toi
le destin est gentil
tu n'e t'en iras pas...

ta jeunesse me suivra
jusque dans ma vieillesse
ton docteur a dit ça
c'était comme une promesse
moi qui avais tellement peur
de te voir m'échapper
voilà que ton petit coeœur
me jure fidélité
toute ma vie durant
j'conserverai mes droits
mes tâches de maman
et tu m'appartiendras


ceux que l'on met au monde
ne nous appartiennent pas
c'est ce que l'on nous montre
et c'est ce que l'on croit
c'est une belle histoire
que cette histoire là
mais voilà que surprise
mon enfant m'appartient
tu te fous de ce que disent
les auteurs des bouquins
t'arrives et tu m'adores
et tu me fais confiance
de tout ton petit corps
de toute ta différence...


j'serai pas là de passage
comme les autres parents
qui font dans le mariage
le deuil de leur enfant
j'aurais le privilège
de te border chaque soir
et certains jours de neige
de te mettre ton foulard
à l'âge où d'autres n'ont
que cette visite rare
qui vient et qui repart
par soirs de réveillon
tu seras le baton
de ma vieillesse précoce
en même temps que le boulet
qui drainera mes forces...


tu ne connais que moi
et ton ami pierrot
que je te décrit tout bas
quand tu vas faire dodo
et tu prends pour acquis
que je serais toujours là
pour t'apprendre cette vie
que tu n'apprendras pas...


ceux que l'on met au monde
ne nous appartiennent pas
à moins de mettre au monde
un enfant comme toi
c'est une belle histoire
que celle qui est la notre
pourtant je donnerais ma vie
pour que tu sois comme les autres"


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